L’improvisation

L’improvisation d’Axel de Marnhac ne se réduit pas à la virtuosité de l’instant. Elle apparaît plutôt comme une composition en temps réel, nourrie par la connaissance des styles, l’écoute de l’instrument et le sens de l’architecture musicale.
Une tradition vivante. Son art de l’improvisation s’appuie sur une connaissance approfondie des langages historiques, du Moyen Âge aux maîtres français du XXᵉ siècle. La pratique du chant grégorien, de la basse continue et des répertoires des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles lui permet de retrouver les articulations, les ornements et les couleurs propres à chaque époque. Ses improvisations dans le style français ancien ou sous la forme d’une suite française ne relèvent ainsi pas de la simple imitation : elles réinvestissent des langages historiques pour leur rendre une présence immédiate. (YouTube)
La composition dans l’instant. Axel considère qu’« improviser et composer est une même chose, mais à deux vitesses différentes ». Cette conception donne à ses improvisations une véritable pensée formelle : les idées ne sont pas seulement juxtaposées, mais développées, transformées et conduites vers un aboutissement. La liberté du geste demeure ainsi soutenue par une attention constante à la cohérence, aux proportions et à la progression dramatique. (Duruflé)
L’instrument comme partenaire. Chaque orgue possède pour lui une personnalité propre, déterminée par sa facture, ses tempéraments, ses timbres et l’acoustique du lieu. L’improvisation devient alors un dialogue avec l’instrument : elle naît de ses possibilités particulières plutôt que de l’application d’un langage uniforme. La registration participe directement à la construction du discours, en faisant évoluer les plans sonores, les densités et les perspectives. (Axel de Marnhac)
Une expression lyrique et spirituelle. L’influence de Maurice Duruflé, qu’Axel reconnaît comme déterminante dans son style d’improvisation, se manifeste dans le goût de la couleur harmonique, la profondeur du climat et le passage progressif de l’ombre à la lumière. À cette filiation s’ajoute l’expérience ancienne de la liturgie, qui lui a appris à inscrire la musique dans un lieu, une durée et une fonction, sans renoncer à son intensité expressive. (Duruflé)
Il en ressort un art de l’improvisation cultivé, architecturé et profondément sensible, dans lequel la spontanéité ne s’oppose jamais à la construction. Sa singularité réside dans cette capacité à faire dialoguer la mémoire des styles, la couleur propre de chaque orgue et l’invention immédiate, pour donner naissance à une œuvre à la fois éphémère et pleinement accomplie.
Vous pouvez de nombreuses improvisations, souvent en contexte liturgique sur la chaîne You Tube dédiée:
https://youtube.com/@axeldemarnhac?si=K0x3eG-Vx54apMM7
